Cette colline n'est jamais vraiment silencieuse
« Je sais pas quoi faire avec l’ampleur de la tâche de respirer par exemple. Ou bien de faire battre mon cœur. Et puis j’avance pas. J’ai tellement à faire, je suis débordé par l’idée de respirer une fois après l’autre »
Œuvre magnifique inspirée du mythe de Sisyphe, Cette colline n’est jamais vraiment silencieuse de Gabriel Charlebois-Plante, lauréat du Prix de la critique dans la catégorie « Meilleur spectacle », a été présentée à guichets fermés en octobre 2024 après un grand succès à La Chapelle la saison précédente.
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Captifs de leur chambre d’où ils observent le monde, ils travaillent, prient, dressent des listes, ont soif, tournent en rond. L’extérieur les angoisse, leurs pensées les obsèdent : incapables de sortir, enchaînés à des tâches banales – remplir un agenda, regarder des taches de soleil sur un plancher – dont ils se font une montagne, ils ne voient aucun terme à leur épuisante spirale quotidienne.
Cette relecture du mythe de Sisyphe porte sur notre époque anxiogène un regard aigu où chacun est son propre geôlier. Dense, lancinante, flirtant avec l’absurde, la parole y circule entre plusieurs voix aussi hilarantes qu’affolées, en un système d’échos proprement vertigineux et un style qui ne ressemble à nul autre. Des êtres trop humains qui tentent de s’affranchir de leurs démons : le miroir qu’ils nous tendent, très drôle, est terriblement révélateur.